Le padel à l'Ekkiden : une histoire d'esprit d'équipe en mouvement
Madrid, mai 2024 : tout a commencé après le travail C'est à Madrid, en mai 2024, que quelques membres de l'équipe ont décidé de se retrouver après le...
Une conversation avec Danyang Li, Cheffe de projet Supply, et Florian Bonhoure, Chef de projet Technique chez Ekkiden
174 kilomètres, près de 10 000 mètres de dénivelé positif, trois pays et le tour complet du massif du Mont-Blanc. Le 28 août dernier, deux consultants Ekkiden ont pris le départ de l'UTMB, la course la plus mythique de l'ultra-trail mondial. Et tous les deux en sont revenus finishers. Avant et après la course, Danyang et Florian ont partagé leur aventure avec leurs collègues lors de deux sessions internes « Beyond the Summit ». Préparation, nuits blanches, émotions, échecs et leçons de vie : voici leur histoire.
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L'UTMB, le « Saint Graal » de l'ultra-trail
Créé officiellement en 2003, l'Ultra-Trail du Mont-Blanc relie la France, l'Italie et la Suisse autour d'un objectif simple sur le papier : faire le tour du Mont-Blanc le plus vite possible. Il fait partie des quatre « monuments » du trail mondial, aux côtés de la Western States, de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous.
Y participer est déjà un exploit en soi : environ 29 000 candidatures pour 2 500 dossards, attribués par tirage au sort.
« Ça fait six ans que j'essaie d'avoir cette course, et jusqu'ici je n'avais jamais réussi. » — Florian
L'événement, c'est aussi une mobilisation hors norme : 10 000 participants toutes courses confondues, 100 000 spectateurs et 2 600 bénévoles, « sans qui la course n'aurait tout simplement pas lieu », rappelle Florian.
Le résultat : Florian boucle l'UTMB en 29 heures et Danyang en 41 heures. Deux temps très différents, qui reflètent surtout deux objectifs et deux manières de gérer la course. Florian visait un chrono et avait tout planifié à la minute près. Danyang, revenue d'une entorse, voulait avant tout terminer sans se blesser et profiter de chaque instant.
Originaire de Pékin, Danyang est repérée à 12 ans pour intégrer une filière d'athlétisme d'élite, où elle s'entraîne pendant des années sur 800 et 1 500 mètres. Le trail, elle le découvre presque par hasard en 2014, lors de sa dernière année d'université.
« On m'a donné un dossard, avec le choix entre 50 et 100 km. Je me suis dit : pourquoi ne pas choisir le plus long ? Au pire, j'abandonne au milieu. » — Danyang
Elle termine 7e femme. Depuis, elle a couru en Australie, à Hong Kong, puis en France, jusqu'à 127 km à Gran Canaria l'an dernier. Elle figure aujourd'hui dans le top 8 % des traileuses au classement mondial.
Florian court depuis une dizaine d'années, dans le sillage d'une famille où « cousins, cousines, oncles, tantes et parents » courent tous. Environ 3 000 km par an, auxquels s'ajoutent ses trajets quotidiens à vélo. À son palmarès : 9 500 mètres de dénivelé en une seule course, 45 heures d'effort quasiment sans dormir, et le Marathon des Sables, 250 km dans le Sahara.
« J'avais 46 degrés à l'ombre, sachant que dans le Sahara, il n'y a pas d'ombre. On s'était amusés à compter les bouteilles : on buvait 12 litres d'eau par jour. » — Florian
Même course, même ligne de départ… mais deux approches radicalement différentes.
Côté Florian, tout est millimétré : entre 60 et 80 g de glucides par heure, de la caféine toutes les quatre heures, et une logistique digne d'une écurie de course.
« J'avais carrément fait un tableau Excel avec mes temps de passage théoriques, à la minute près, pour mon assistance. Tous mes ravitaillements étaient préparés dans des sacs au nom de chaque point de ravito. » — Florian
Au menu : un demi-kilo de polenta, héritage de ses racines italiennes, distribué au bon grammage à chaque arrêt. Bilan : environ 1h30 de pause sur l'ensemble de la course.
Côté Danyang, l'objectif est ailleurs. Après une entorse en juillet, elle veut avant tout terminer sans se blesser, et profiter.
« Je voulais seulement bien manger et profiter de l'ambiance. Je n'avais pas de temps précis en tête. » — Danyang
Six gels en tout, beaucoup de pastèque, des soupes contre les crampes et des nouilles chinoises au ravitaillement de Champex-Lac, au 120e kilomètre. Environ quatre heures de pause, et autant de moments partagés.
« Si je peux vous donner un conseil, c'est d'étudier votre corps, parce que c'est vous qui le comprenez le mieux. » — Danyang
Le départ est donné sous la pluie à Chamonix. Pour Florian, c'est l'aboutissement de six années d'attente.
« Je ne vais pas vous cacher que j'ai pleuré au départ. Ça faisait tellement longtemps que j'attendais ça. » — Florian
Ce qui l'a le plus marqué ? La ferveur du public.
« Sur les six premiers kilomètres, j'avais l'impression de partir dans un stade le soir d'une finale du 100 mètres. Finalement, on n'est que de simples humains qui font le tour d'une montagne. Mais on était tous accueillis comme des héros. » — Florian
Des souvenirs, il en garde beaucoup : un lever de soleil sur le Mont-Blanc, une portion courue à la frontale rouge pour préserver la faune, « comme un dragon rouge en fond de vallée », et le drapeau Ferrari de sa famille, aperçu de loin à chaque ravitaillement.
Pour Danyang, la plus belle surprise est venue des autres. La famille et les amis de Florian, une quinzaine de personnes, se sont relayés pour l'encourager elle aussi.
« Deux amis de Florian m'ont accompagnée à pied sur une montée de 4 km en pleine nuit. Je ne m'y attendais pas du tout. Il y avait autant de gens qui m'attendaient partout, grâce à Florian, à sa famille et à ses amis. Ça m'a vraiment touchée. » — Danyang
Les nuits, elles, ont été gérées à leur manière. Florian a dormi… quatre minutes en 29 heures. Danyang, elle, a vécu une deuxième nuit plus difficile, au point de s'endormir au sommet d'un col aux côtés d'autres coureurs, après avoir oublié de mettre son réveil.
« Je trouve que tous les participants sont des héros. C'est un entraînement de plusieurs mois, de plusieurs années. » — Danyang
Au-delà de la performance, Danyang et Florian voient dans l'ultra-trail une véritable école de vie, et de travail.
L'organisation et le goût des sujets de fond. Entre le vélo pour traverser Paris, les journées de travail et les entraînements, Florian a dû apprendre à tout structurer.
« Les sujets longs, que personne ne veut prendre mais qu'il faudra bien faire un jour, je suis le premier à me jeter dessus. C'est comme un ultra-trail : quand vous passez sous l'arche de départ à Chamonix, vous savez que vous en avez pour un paquet d'heures. » — Florian
La confiance en soi et le calme. Lors d'une course de 150 km l'an dernier, Florian se retrouve déshydraté et incapable de manger dès le 20e kilomètre. Il lui en reste 130. Il termine.
« J'ai gardé mon calme en me disant : c'est bon, t'as le temps, ça va revenir, reprends les bases. Dans le monde du travail, c'est pareil : à un moment, il faut poser les choses. » — Florian
Le sourire et l'adaptation. Orages, canicule, terrain imprévisible : pour Danyang, la montagne est un apprentissage permanent de l'agilité.
« Garder le sourire et l'esprit positif, ça fait écho à notre vie quotidienne, y compris dans la vie professionnelle. Ce n'est pas toujours facile. » — Danyang
Inspirer les autres. Danyang se décrit comme une « game changer » : autour d'elle, d'anciens collègues et camarades en Chine comme en France se sont mis à courir après avoir suivi ses aventures.
Transformer l'échec en apprentissage. L'an dernier, une blessure six jours avant une course majeure contraint Danyang à l'abandon.
« J'ai beaucoup pleuré. Mais un vrai échec, ça nous apprend. J'ai appris à avoir plus de résilience. » — Danyang
Florian, lui, a fait sienne une phrase de Nelson Mandela :
« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends. » — Florian
Plusieurs semaines après la course, Florian « plane » encore.
« Je suis toujours sur mon nuage. Il m'arrive de remettre la musique du départ et de repleurer. J'ai réalisé un rêve que j'attendais depuis des années. » — Florian
Toujours lucide, il reconnaît avoir repris le travail trop vite et récupéré moins bien que Danyang : « Il y a toujours des choses à améliorer. »
Danyang, elle, retient surtout un changement d'état d'esprit.
« Avant, je voulais absolument atteindre mes objectifs. Maintenant, je peux aussi courir lentement et profiter de ma vie. Être un peu flexible, c'est bien aussi. » — Danyang
Elle porte aussi un regard lucide sur l'impact environnemental et la commercialisation croissante de l'événement, et préfère désormais découvrir d'autres terrains, avec le triathlon en ligne de mire.
Le statut de finisher UTMB ouvre en effet de nouvelles portes. Florian vise la Diagonale des Fous à La Réunion, les tirages au sort de la Western States et de la Hardrock 100, et un jour peut-être le Tor des Géants, 330 km autour de la vallée d'Aoste.
« Prenez le temps. Il m'a fallu six ans pour avoir un dossard. C'est frustrant, mais c'est tellement plus beau de faire cette course quand on l'a vraiment cherchée. Il faut apprendre sur soi-même, apprendre à se connaître. » — Florian
Danyang insiste sur la préparation et la variété : moins de course pure, plus de vélo, de renforcement musculaire et de temps en montagne. Et surtout :
« L'idée, ce n'est pas forcément de démarrer le trail. Chacun aime des choses différentes, le vélo, la randonnée… L'idée, c'est de sortir respirer un peu. Ça fait toujours du bien. » — Danyang
Chez Ekkiden, nous sommes convaincus que nos consultants ne se résument pas à leur expertise technique. Ce sont des personnes complètes, qui apportent à leurs missions leur vécu, leur curiosité et leur énergie. C'est tout le sens des sessions « Beyond the Summit » : mieux connaître les talents et les passions de chacun, au-delà du travail.
L'aventure de Danyang et Florian incarne nos valeurs de manière très concrète :
Organisation, résilience, gestion de l'effort sur la durée, sang-froid face à l'imprévu : ce sont exactement les qualités que nos consultants mettent chaque jour au service de nos clients. Growing by growing others, sur les sentiers comme en mission.
Bravo Danyang, bravo Florian. 🏔️
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