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Concevoir des emballages durables : un métier au carrefour de la technique et de l’impact

Lallie, consultante en ingénierie packaging chez Ekkiden, revient sur un parcours construit entre matériaux, innovation et industrie. Elle raconte son évolution depuis ses premières expériences techniques jusqu’à son expertise actuelle en conception d’emballages, où se mêlent performances produit, contraintes de production, choix des matériaux et veille réglementaire. À travers son témoignage, elle dévoile les défis d’un métier indispensable, au croisement de la technique, de l’impact environnemental et des attentes des consommateurs.

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Souvent réduit à ce que l’on jette, le packaging dissimule pourtant un travail d’ingénierie exigeant et stratégique. À travers le parcours de Lallie, consultante chez Ekkiden pour une grande maison du luxe, se dévoile un domaine où matériaux, performance, contraintes logistiques, innovation et réglementation s’entremêlent. De ses premières hésitations en mathématiques à sa spécialisation en ingénierie des matériaux puis en packaging, son chemin révèle une vocation construite pas à pas. Aujourd’hui, elle met son expertise au service de solutions responsables, adaptées et techniquement fiables, au cœur d’un secteur en pleine transformation.

Une interview menée par Marta Esquivel, Communication Specialist chez Ekkiden.

Trouver ma voie : des mathématiques aux matériaux

Comme beaucoup, j’ai commencé mes études sans réelle certitude sur mon orientation. J’ai d’abord choisi une licence de mathématiques, portée par mon attrait pour les matières scientifiques, mais très vite, je me suis sentie perdue. Les mathématiques étaient passionnantes, mais trop abstraites pour moi. Je ne voyais pas où cela pouvait me mener, et je ressentais un besoin fort de concret, de matière, de quelque chose que je pouvais comprendre, toucher, voir se transformer.

La révélation : le DUT Sciences et Génie des Matériaux

C’est en participant à des forums et en me renseignant sur différentes formations que j’ai découvert le DUT Sciences et Génie des Matériaux à Nantes. Ce fut une révélation. Ce cursus mêlait connaissances scientifiques et applications techniques, et correspondait parfaitement à mon envie de comprendre comment les objets étaient conçus et fabriqués.

Pendant ces deux années, j’ai plongé dans l’univers des matériaux : métaux, polymères, céramiques, bois, composites. La formation était dense, exigeante, mais incroyablement enrichissante. Nous alternions cours théoriques et travaux pratiques : fabrication de polymères, réalisation de canoës en composite, soudure, fonderie… Tout ce que nous apprenions était mis en application. Ce DUT m’a permis d’acquérir des bases solides et une véritable expertise technique, qui ont posé les fondations de mon futur métier.

Découvrir l’ingénierie packaging

Si le DUT ouvre généralement vers une licence professionnelle ou une école d’ingénieur, je n’envisageais pas encore cette dernière option. C’est lors d’un forum des métiers que j’ai découvert l’existence d’une école d’ingénieur spécialisée en packaging : l’ISIP (Institut Supérieur de l’Ingénierie du Packaging), en partenariat avec le CNAM et la CCI Charente Formation. À ce moment-là, j’ai commencé à comprendre que le packaging était un domaine stratégique, omniprésent, mais sous-estimé, avec un impact environnemental majeur.
Sensibilisée aux questions liées aux déchets et à la pollution, j’ai vu dans ce métier une manière concrète d’agir. J’ai alors intégré cette école d’ingénieur en alternance, pour une formation spécialisée, axée sur les matériaux, la conception d’emballages et leurs enjeux environnementaux. Trois années exigeantes, mais passionnantes, qui m’ont définitivement ancrée dans cette voie.
 

Être ingénieure packaging : technique, stratégie et responsabilité

Aujourd’hui, mon rôle est de concevoir le meilleur emballage possible pour chaque produit. Cela signifie trouver l’équilibre entre protection, praticité, coût, esthétique et impact environnemental.  

Emballer un biscuit, un parfum ou un meuble ne répond pas aux mêmes contraintes. Chaque produit impose ses propres exigences en termes de conservation, de transport, de résistance et de sécurité.

Mon travail consiste à sélectionner le matériau le plus adapté, à définir la conception de l’emballage, à challenger les fournisseurs, à tester les solutions proposées et à m’assurer que l’emballage est compatible avec le mode de production, de conditionnement et de distribution du produit. Il faut anticiper les contraintes liées au froid, à la chaleur, à la pression, à l’humidité ou encore à l’oxygène.

À cela s’ajoute une dimension économique forte : l’emballage doit rester dans le budget et respecter les normes en matière de recyclabilité et d’écoconception.

Choisir les bons matériaux : l’art du compromis

Choisir un matériau ne se limite pas à ses propriétés techniques. Il faut analyser son cycle de vie, de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie, et évaluer son impact carbone, sa recyclabilité, son transport et sa transformation.

Le plastique, par exemple, pour conditionner des aliments, est performant mais polluant et difficilement recyclable à l’infini. Le papier semble plus vertueux mais ne garantit pas toujours la barrière contre l’humidité ou l’oxygène, et nécessite alors des traitements multitouches qui perturbent le recyclage par exemple.

La complexité de mon travail réside donc à trouver le juste équilibre entre performance technique et responsabilité environnementale.

Des défis quotidiens et une nécessité d’agilité

Le métier impose une grande adaptabilité. Les contraintes logistiques, économiques ou réglementaires évoluent constamment. Il faut savoir proposer des alternatives, remettre en question les choix initiaux, négocier avec les fournisseurs et s’adapter aux nouvelles exigences des clients et du marché.

La veille réglementaire et technologique est essentielle. Participer à des salons, observer les innovations, s’informer en continu permet de rester pertinent et force de proposition. Chaque nouvelle idée peut devenir une source d’optimisation ou un levier de transformation.

Vers des emballages plus durables : une évolution inévitable

Les attentes des entreprises évoluent fortement vers plus de transparence et de responsabilité. La demande des consommateurs pousse à repenser les matériaux, à supprimer les plastiques à usage unique, à intégrer la notion d’écoconception dès la phase de développement.

Les réglementations imposent également des objectifs clairs, comme la réduction drastique des plastiques d’ici 2030. Même si certaines décisions politiques peuvent sembler contradictoires, la tendance de fond reste orientée vers une meilleure prise en compte de l’environnement.

L’innovation au service de l’environnement

L’innovation joue un rôle majeur dans la réduction de l’impact environnemental des emballages. Cela passe par la recherche de nouveaux matériaux, l’allègement des emballages, la conception intelligente, ou encore des solutions comme les bouchons solidaires attachés aux bouteilles, qui permettent d’améliorer le taux de recyclage.

La réintroduction de la consigne, le développement de papiers barrière ou encore les nouvelles méthodes de tri illustrent cette dynamique. L’objectif reste toujours le même : limiter les déchets, optimiser la recyclabilité et réduire l’empreinte carbone.

 

Être consultante chez Ekkiden : une nouvelle dimension

J’ai choisi de rejoindre Ekkiden pour répondre à une mission dans une grande maison du luxe. Ayant débuté dans le secteur agroalimentaire, j’ai voulu connaître un nouveau secteur. Ekkiden est pour moi une porte d’entrée dans le secteur du luxe. Cette première expérience post-études marque une étape importante dans ma carrière.

Être consultante, c’est apporter son expertise à une entreprise tout en développant une vision transversale et stratégique. C’est aussi apprendre à s’adapter rapidement à de nouveaux environnements et à de nouveaux enjeux.

Conseils pour les futurs ingénieurs packaging

Si je devais donner un conseil à celles et ceux qui souhaitent developper des emballages durables, ce serait avant tout d’éviter de penser automatiquement au plastique comme solution. Il faut rester curieux, attentif aux innovations, intégrer la notion de cycle de vie et explorer les solutions réutilisables.

Il est également important de comprendre que l’idéal n’est pas toujours atteignable : contraintes budgétaires, techniques ou industrielles existent. Mais tant que l’objectif reste de réduire l’impact environnemental, chaque avancée compte.

 

Conclusion

Son parcours, des mathématiques aux matériaux, et à l’ingénierie packaging, lui a permis de trouver un métier aligné à ses valeurs : technique, concret et porteur de sens. Aujourd’hui, à travers son rôle de consultante, elle contribue à transformer les pratiques industrielles et à accompagner les entreprises vers des solutions plus responsables.

Le packaging n’est pas un simple déchet : c’est un levier puissant de changement. Chaque décision prise, chaque matériau choisi, chaque innovation mise en œuvre participe à construire une industrie plus respectueuse de l’environnement. Et c’est avec cette conviction que Lallie continue d’exercer son métier, animée par l’envie de faire évoluer les mentalités et les pratiques, pas à pas.